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Par L'équipe Therapeutia11 min de lecturePublié le 4 octobre 2026

Fixer ses tarifs quand on est thérapeute au Maroc : la méthode en 2026

Un message arrive : « Bonjour, vous prenez des nouveaux patients ? C'est combien la séance ? » Et là, souvent, un blanc. On regarde ce que font les confrères, on annonce un prix un peu en dessous, et on s'y tient pendant trois ans. Voici une manière plus solide de décider, d'annoncer et de faire évoluer ses tarifs.

Pourquoi un tarif se décide mal

Trois réflexes expliquent la plupart des tarifs trop bas, et ils n'ont rien à voir avec la valeur du travail.

  • On se compare à un confrère dont on ignore tout. Son loyer, son ancienneté, son nombre de séances par semaine, ses charges : rien de tout cela n'est visible dans son prix affiché.
  • On confond le prix d'une heure et le prix d'une séance. Une séance, c'est aussi la préparation, la note, la relance du rendez-vous, parfois l'échange avec la famille. Le temps facturé n'est jamais le temps passé.
  • On fixe un tarif pour être choisi. Un prix bas rassure celui qui le pratique bien plus qu'il ne rassure le patient. En pratique, il attire surtout des suivis qui s'arrêtent vite.

Le calcul que presque personne ne fait

Partez de votre semaine réelle, pas de votre semaine idéale.

Exemple chiffré, à remplacer par vos nombres. Vous visez 20 000 DH de revenu mensuel. Vous pensez tenir 25 séances par semaine. Dans les faits, entre les annulations, les trous d'agenda, les semaines creuses et les jours fériés, beaucoup de cabinets facturent sensiblement moins que leur capacité affichée.

Ce que vous mettez dans le calculExemple
Revenu mensuel visé, charges comprises20 000 DH
Semaines travaillées dans le mois4
Séances que vous pensez tenir par semaine25
Séances réellement facturées, après annulations et creux20
Tarif plancher qui en découle20 000 / (4 × 20) = 250 DH

Ce plancher n'est pas votre prix : c'est le seuil en dessous duquel votre cabinet ne tient pas. Votre tarif se place au-dessus, selon votre expérience, votre spécialisation et votre quartier.

Les charges à ne pas oublier dans le revenu visé : loyer ou participation à un cabinet partagé, électricité et connexion, supervision et formation continue, assurance, logiciels, déplacements, et l'impôt. Un tarif calculé sur un revenu net « dans la poche » se révèle faux au premier acompte.

Les repères du marché, à lire avec prudence

Les pages tarifaires publiées par des cabinets casablancais donnent des fourchettes cohérentes entre elles.

ProfilFourchette affichée
Jeune diplômé, ou séance en ligne300 à 450 DH
Praticien expérimenté, cas le plus courant450 à 600 DH
Praticien reconnu, spécialisé, quartier central600 à 800 DH et plus

Six décisions à prendre une fois

1. Le tarif plein et la durée. Annoncez toujours les deux ensemble. « 500 dirhams, 50 minutes » ne se discute pas de la même manière que « 500 dirhams ».

2. Les formats particuliers. Première séance plus longue, séance de couple ou de famille, bilan : décidez s'ils ont leur propre tarif, et lequel.

3. La visio. Même tarif ou tarif réduit, c'est votre choix, mais il se décide avant qu'on vous pose la question. Le cadre à distance est détaillé dans notre guide de la téléconsultation.

4. Les places à tarif réduit. Combien par semaine, à quel prix, pour quelle durée, et comment on en sort. Une règle écrite protège autant le patient que vous.

5. Les moyens de paiement. Espèces, virement, chèque : ce que vous acceptez, et quand on règle. Un paiement en fin de séance évite les retards qui s'accumulent.

6. Les annulations. Le tarif ne tient que si le créneau manqué ne disparaît pas en silence. Le modèle est dans notre article sur la politique d'annulation.

Annoncer son tarif sans gêne

Dans la conversation de prise de rendez-vous, répondez au prix en même temps qu'au reste :

Bonjour, oui, je prends de nouveaux patients. La séance dure 50 minutes et coûte 500 dirhams. J'ai une place mardi à 17h ou jeudi à 11h. Je vous confirme par écrit, avec les conditions d'annulation.

À la première séance, redites-le une fois, avec le cadre : durée, fréquence envisagée, moyens de paiement, annulation. Trois phrases suffisent, et elles évitent des mois de malaise.

Par écrit, dans la confirmation. C'est ce qui vous dispense d'avoir à y revenir, et c'est aussi ce qui rend une facturation d'annulation défendable.

Augmenter ses tarifs

C'est le moment que tout le monde redoute, et il se passe presque toujours mieux que prévu.

Les signes qu'il est temps : votre agenda est plein depuis des mois, vous refusez des demandes, votre tarif n'a pas bougé depuis deux ou trois ans, ou votre plancher calculé plus haut est passé au-dessus de votre prix.

De combien. Une hausse lisible vaut mieux qu'un rattrapage annuel de 20 dirhams qui attire l'attention sans rien changer. Passer de 500 à 550 ou 600 dirhams se comprend et se retient.

Comment.

  • Prévenez au moins un mois à l'avance, par écrit, tous les patients concernés.
  • Appliquez la hausse à une date unique. Deux tarifs qui cohabitent par faveur deviennent trois, puis ingérables.
  • Décidez du sort des suivis en cours : certains praticiens gardent l'ancien tarif pendant six mois pour les personnes déjà suivies, puis alignent tout le monde. C'est tenable, à condition que ce soit annoncé comme une transition et non comme un privilège.
  • Un message type, à adapter :

Bonjour, je vous informe qu'à partir du 1er janvier, le tarif de la séance passera à 550 dirhams. Les séances d'ici là restent au tarif actuel. Si cela pose une difficulté, parlons-en à notre prochaine séance.

Ce qui arrive vraiment. Quelques personnes s'arrêtent, souvent celles qui étaient déjà en fin de suivi. La plupart ne commentent pas. Et votre semaine se remplit différemment, avec moins de séances pour le même revenu.

Quand on vous dit « c'est cher »

Trois réponses honnêtes, dans cet ordre.

  1. Redire le cadre, calmement. Le tarif, la durée, ce qu'il comprend, et la fréquence envisagée.
  2. Proposer ce que vous avez vraiment. Une place à tarif réduit si vous en gardez, des séances plus espacées, ou une orientation vers un confrère ou une structure. C'est une réponse professionnelle, pas un échec commercial.
  3. Ne pas improviser une remise. Une baisse décidée dans la gêne crée une situation qu'il faudra corriger plus tard, au pire moment.

Et pour vous ?

Vous débutez. Ne vous placez pas en bas de la fourchette par prudence : vous aurez du mal à remonter avec les mêmes patients. Préférez un tarif correct avec deux places à tarif réduit assumées.

Votre agenda est plein depuis six mois. C'est le signal le plus clair qu'il existe. Augmentez, et observez : la demande ne disparaît pas du jour au lendemain.

Vous suivez des patients à l'étranger. Décidez d'une règle pour les paiements en devises, des frais de transfert, et du moment du règlement. Écrivez-la avant la première séance.

Vous êtes en cabinet de groupe. Les tarifs n'ont pas à être identiques, mais ils doivent être connus du secrétariat, sinon c'est lui qui annonce des prix au hasard.

Les erreurs à éviter

  • Fixer son prix uniquement en regardant les confrères. Vous copiez des charges que vous ne connaissez pas.
  • Compter sa capacité au lieu de ses séances réelles. Le trou d'agenda du mardi compte dans l'année.
  • Annoncer le tarif à la fin de la première séance. C'est le plus sûr moyen de rendre le sujet gênant pour toujours.
  • Multiplier les tarifs spéciaux. Trois exceptions, et plus personne ne sait ce que paie qui.
  • Attendre trois ans pour augmenter. Le rattrapage devient alors visible, donc discutable.
  • Laisser courir les impayés. Une séance due qui dure devient un sujet dans la relation, pas seulement dans vos comptes.

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FAQ

Combien demander pour une séance au Maroc ?

Les cabinets qui affichent publiquement leurs tarifs annoncent le plus souvent 300 à 800 DH la séance, avec une zone courante autour de 400 à 600 DH. Ce sont des ordres de grandeur relevés sur des sites de cabinets, pas une grille officielle : aucun organisme ne recense les honoraires des psychologues marocains. Partez de votre propre calcul, puis regardez si vous tombez dans cette zone.

Faut-il facturer la visio moins cher qu'une séance au cabinet ?

Rien ne l'impose, et la séance demande le même travail. Beaucoup de praticiens appliquent le même tarif, certains baissent un peu pour les suivis entièrement à distance. Le point important est d'annoncer la règle avant, pas de l'inventer quand la question arrive.

Quand augmenter ses tarifs ?

Quand votre agenda est plein depuis plusieurs mois, quand vous refusez des demandes, ou quand votre tarif n'a pas bougé depuis deux ou trois ans. Prévenez au moins un mois à l'avance, par écrit, et appliquez la hausse à une date unique pour tout le monde.

De combien augmenter ?

Une hausse qui ne se sent pas ne sert à rien, une hausse brutale fait partir. Beaucoup de praticiens montent d'un cran lisible, par exemple de 500 à 550 ou 600 dirhams, plutôt que de 20 dirhams tous les ans. Décidez aussi ce que vous faites des suivis en cours.

Comment gérer les patients qui ne peuvent pas payer ce tarif ?

Décidez d'un nombre de places à tarif réduit, par exemple deux ou trois dans la semaine, avec un tarif réduit unique. Une règle décidée à l'avance évite de négocier au cas par cas, ce qui finit toujours par peser sur le suivi.

Que répondre à « c'est cher » ?

Ni justification longue, ni remise improvisée. Dites le tarif, la durée, et ce qu'il comprend, puis proposez la suite : une place à tarif réduit si vous en gardez, un espacement des séances, ou une orientation. Une remise décidée sous le coup de la gêne se paie plus tard.

Faut-il afficher son tarif publiquement ?

L'afficher filtre les demandes et évite des échanges inutiles. Ne pas l'afficher laisse la place à la conversation, mais multiplie les questions. Dans les deux cas, le tarif s'annonce avant la première séance, jamais à la fin.

Conclusion

Un tarif juste se calcule à partir de votre semaine réelle, s'annonce avant la première séance et se révise sans drame tous les deux ou trois ans. Le reste, c'est de la gêne, et elle coûte cher.

Pour réviser, encore faut-il savoir ce que vous encaissez vraiment. C'est la partie que Therapeutia prend en charge : le tarif se range sur chaque séance, le statut de paiement se note le jour même, et les statistiques du cabinet montrent ce qui a été encaissé, ce qui reste dû et le taux d'occupation de vos semaines. Ses limites, dites clairement : il ne fixe pas votre prix, il n'encaisse aucun paiement à votre place, et il ne vous dira pas quand augmenter.

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