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Par L'équipe Therapeutia12 min de lecturePublié le 31 octobre 2026

Patient qui ne revient plus : le relancer une fois, puis clore le suivi (méthode 2026)

Il venait chaque semaine, puis plus rien : pas d'annulation, pas de message. Vous hésitez entre écrire et respecter son silence, et le dossier reste ouvert des mois. Il existe une voie simple : un message neutre, un délai, puis une clôture écrite qui laisse la porte ouverte.

Pourquoi tant de suivis s'arrêtent sans un mot

Annoncer qu'on arrête demande un effort ; ne pas reprendre rendez-vous n'en demande aucun. Côté organisation, plusieurs situations y mènent :

  • Une pause qui ne devait pas durer. Les vacances, une période d'examens, le ramadan qui décale les horaires, un déménagement. La reprise était prévue, personne ne l'a fixée.
  • L'argent. Chaque séance est un arbitrage du mois, et la personne repousse sans le dire.
  • Le cabinet n'a rien proposé. Pas de prochain créneau fixé en fin de séance, pas de rythme convenu, et l'élan se perd.
  • La gêne. Après une séance manquée, revenir semble plus difficile que disparaître.

La raison réelle, vous ne la connaîtrez pas toujours. Le message a deux fonctions seulement : laisser une porte ouverte, puis permettre de fermer le dossier proprement. Car un suivi resté ouvert a aussi un coût pour vous : une place que vous gardez en tête, un dossier qui ne dit plus rien de juste, des rappels automatiques qui continuent de partir.

Les situations, en un tableau

SituationCe qu'on faitMessages
Rendez-vous manqué, sans nouvellesUn message le jour même, purement logistique1
Plus de rendez-vous pris après une séanceUne relance après votre délai, puis une clôture sans réponse2 au plus
Pause annoncée (« je vous recontacte »)Noter la date de reprise annoncée, écrire à cette date1, puis clôture sans réponse
Arrêt annoncé par le patientAccuser réception, proposer une séance de fin si utile1
Aucune réponse après la relanceMessage de clôture, puis dossier clos1

La méthode en six étapes

Étape 1. Fixer votre règle avant d'en avoir besoin

Décidez à froid, pour ne pas décider au cas par cas.

  • Le délai. Par exemple, le rythme habituel du suivi plus deux semaines : environ trois semaines sans nouvelles pour un suivi hebdomadaire, quatre pour un suivi tous les quinze jours.
  • Le nombre. Une relance, puis un message de clôture. Pas davantage.
  • Le canal. Celui que le patient a accepté pour la logistique : WhatsApp, SMS ou email.
  • L'annonce. Dites-le dans votre cadre, dès la première séance : « Si vous ne reprenez pas rendez-vous, je vous enverrai un message, un seul. » La relance devient alors attendue plutôt qu'intrusive.

Étape 2. Repérer les patients concernés, une fois par semaine

Dix minutes à heure fixe suffisent.

  • Faites la liste des patients actifs sans prochain rendez-vous depuis plus longtemps que votre délai.
  • Sur papier, une colonne « prochain rendez-vous » dans votre registre fait l'affaire : une case vide se remarque.
  • Séparez les pauses annoncées, avec leur date de reprise notée, des vrais silences.

Étape 3. Envoyer un seul message de relance

Court, neutre, sans question sur le fond.

Après un silence

Bonjour [prénom], je me permets un petit message : nous n'avons pas fixé de prochaine séance. Si vous souhaitez reprendre, je vous propose [jour] à [heure] ou [jour] à [heure]. Si vous préférez faire une pause ou arrêter, c'est votre choix, et une réponse courte me suffit. Bonne journée, [nom].

Après un rendez-vous manqué

Bonjour [prénom], je vous attendais aujourd'hui à [heure]. J'espère que tout va bien. Souhaitez-vous que nous fixions un autre créneau ?

À la date d'une reprise annoncée

Bonjour [prénom], vous m'aviez dit vouloir reprendre en [mois]. Je reste disponible, par exemple [jour] à [heure] ou [jour] à [heure]. Dites-moi ce qui vous convient.

La phrase « c'est votre choix » compte plus qu'elle n'en a l'air : elle donne la permission de répondre « j'arrête », ce que beaucoup n'osent pas écrire d'eux-mêmes.

Étape 4. Respecter la réponse, et le silence

Une réponse, quelle qu'elle soit, se respecte.

  • « Je reprends » : proposez un créneau, et c'est tout. Le reste se dira en séance.
  • « J'arrête » : accusez réception sans chercher à convaincre. Proposez une dernière séance si elle peut être utile, sans insister, et donnez des noms de confrères si la personne le demande.
  • Le silence : pas de deuxième relance. L'étape suivante est le message de clôture, trois à quatre semaines plus tard.

Le premier principe du code de déontologie des psychologues rappelle le droit de la personne à décider, et son article 9 la possibilité de consulter un autre praticien. Une deuxième puis une troisième relance finissent par peser sur ce droit.

Réponse à un arrêt annoncé

Merci de m'avoir prévenu(e), je respecte votre décision. Si vous le souhaitez, nous pouvons prévoir une dernière séance pour faire le point. Et si un jour vous souhaitez reprendre, ici ou avec un confrère, n'hésitez pas à m'écrire.

Étape 5. Écrire le message de clôture

Il ferme le dossier sans fermer la porte.

Bonjour [prénom], sans nouvelles de votre part depuis mon dernier message, je considère que notre suivi s'arrête ici, et je ne vous relancerai plus. Si vous souhaitez reprendre plus tard, ou être orienté(e) vers un confrère, vous pouvez m'écrire à ce numéro. Je vous souhaite le meilleur. [nom]

  • Ni reproche, ni bilan, ni interprétation.
  • Un seul envoi, sur le même canal que la relance.
  • Si la personne répond, même des mois plus tard, la porte est réellement ouverte : voir plus bas.

Étape 6. Clore le dossier, pour de bon

Une date, un motif, trois lignes.

  • La date de fin, celle du message de clôture ou de l'arrêt annoncé.
  • Le motif de fin, en trois catégories qui suffisent : suivi terminé, interrompu par le patient, ou réorienté vers un confrère. Elles vous permettront de compter en fin d'année.
  • Une note brève : date du dernier contact, messages envoyés, réponse éventuelle. Rien de plus.
  • Retirez la personne de vos relances et de vos rappels automatiques.
  • Conservez le dossier selon la durée que vous avez fixée. L'article 3 de la loi 09-08 demande de ne pas garder les données au-delà de ce qui est nécessaire, et l'article 19 du code de déontologie prévoit que les dossiers soient transmis ou détruits dans des conditions qui préservent la confidentialité. Notre guide des notes de séance détaille ces choix.

Une séance restée impayée se traite à part, avec notre méthode de relance des impayés. Ne mélangez jamais la facture et la clôture dans le même message.

Ce qu'on n'écrit jamais dans une relance

  • Une interprétation de l'absence. « Je sens que c'est difficile en ce moment » relève de la séance.
  • Un argument pour revenir. « Il serait dommage d'arrêter maintenant » transforme la relance en pression.
  • Un reproche, même poli, sur le rendez-vous manqué.
  • Le montant dû, qui a son propre message.
  • Un indice sur la nature du suivi quand le canal peut être lu par un proche : un téléphone familial, une adresse email partagée. Le secret professionnel, rappelé par l'article 7 du code de déontologie, couvre aussi le fait même de consulter.
  • Un message vocal sur un répondeur familial, pour la même raison.
  • Une offre ou une invitation à une newsletter. Un message promotionnel relève de la prospection directe, que l'article 10 de la loi 09-08 interdit par courrier électronique ou moyen équivalent sans consentement préalable, sauf exceptions.

Quand la personne revient, des mois plus tard

Le retour se prépare aussi simplement que la clôture.

  • Rouvrez le dossier en notant la date de reprise. L'historique reste lisible : interruption, puis reprise.
  • Reposez le cadre : votre tarif actuel, qui a pu changer, votre règle d'annulation, le rythme envisagé.
  • Ne commentez pas l'interruption par message. Si elle mérite d'être évoquée, ce sera en séance, et ce sera votre choix clinique.

Et pour vous ?

Vous débutez. Les premiers départs pèsent plus lourd que les suivants. Une règle écrite vous évite de relancer trois fois, ou de ne jamais oser écrire.

Vous avez un secrétariat. Il peut envoyer la relance logistique, celle qui propose des créneaux. La réponse à un arrêt et le message de clôture restent signés de votre nom. Notre guide du secrétariat détaille ce qui se délègue et ce qui se garde.

Vous suivez des enfants ou des adolescents. Les messages logistiques vont aux parents ou représentants légaux qui ont pris le rendez-vous. Convenez dès le départ de qui les reçoit.

Vous consultez en visio. Le lien de séance ne suffit pas : la relance passe par le canal logistique convenu, avec l'heure exprimée dans le fuseau de la personne si elle vit à l'étranger.

Vous exercez en cabinet de groupe. Appliquez la même règle pour tous les praticiens, et décidez qui envoie quoi. Un patient ne doit pas recevoir deux relances de deux personnes différentes.

À lire aussi

FAQ

Faut-il relancer un patient qui ne revient plus ?

Une fois, oui, surtout si vous l'avez annoncé dans votre cadre. Le silence complet laisse le dossier ouvert et la personne sans porte de sortie ; plusieurs relances deviennent une pression. Le code de déontologie des psychologues place le respect de l'autonomie de la personne et de son droit à décider parmi ses principes généraux.

Au bout de combien de temps relancer ?

Aucun délai n'est fixé par un texte. Un repère simple : le rythme habituel du suivi, plus deux semaines. L'essentiel est de fixer ce délai à l'avance et de l'appliquer à tous vos patients, pour ne pas décider au cas par cas.

Que faire si le patient ne répond pas à la relance ?

Ne relancez pas une deuxième fois. Quelques semaines plus tard, envoyez un message de clôture qui dit que le suivi s'arrête là et que la porte reste ouverte, puis notez la fin du suivi dans le dossier.

Un message de clôture est-il obligatoire ?

À notre connaissance, aucun texte ne l'impose à un thérapeute libéral. Court et neutre, il évite pourtant l'ambiguïté des deux côtés : la personne sait qu'elle ne sera plus relancée, et vous pouvez fermer le dossier.

Peut-on parler de la séance manquée à payer dans le même message ?

Mieux vaut séparer les deux. Si votre politique d'annulation prévoit de facturer une absence, traitez-la dans un message à part, avec la méthode de relance des impayés. Mélanger l'argent et la reprise du suivi abîme les deux.

Combien de temps garder le dossier après la clôture ?

La loi 09-08 demande de ne pas conserver les données au-delà de la durée nécessaire à leur finalité, sans fixer de durée pour un cabinet de thérapie. Décidez d'une durée, écrivez-la dans votre information patient et tenez-la. Ceci n'est pas un conseil juridique.

Peut-on envoyer une newsletter à d'anciens patients ?

Prudence. Un message promotionnel relève de la prospection directe, que l'article 10 de la loi 09-08 interdit par courrier électronique ou moyen équivalent sans consentement préalable, sauf exceptions. Et l'envoi lui-même peut révéler à un proche que la personne a consulté.

Conclusion

Un patient qui ne revient plus n'appelle ni l'insistance ni le silence complet. Une règle annoncée, un message, une clôture écrite : la personne garde sa liberté de partir ou de revenir, et votre agenda comme vos dossiers redeviennent exacts.

Therapeutia tient cette méthode au même endroit. La page Rappels liste les patients sans séance depuis le délai que vous choisissez, ou depuis le rythme noté sur leur fiche, avec un message de relance prêt à partir sur WhatsApp. La clôture d'un suivi enregistre sa date, son motif (terminé, interrompu ou réorienté) et une note réservée aux praticiens ; un suivi clos ne réapparaît plus dans les relances, et se rouvre si la personne revient.

À lire aussi

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    Les messages à copier, le bon moment pour relancer, ce qu'on dit en séance, les cas particuliers et les gestes qui évitent la plupart des impayés dans un cabinet de thérapie.

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  • Réduire les rendez-vous manqués de votre cabinet

    Un créneau manqué, c'est une heure perdue qui ne se rattrape pas. Voici sept leviers concrets, du rappel automatique à la politique d'annulation, pour réduire les no-shows sans abîmer l'alliance thérapeutique.

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